Bénin

Azannaï, l'ancien allié du pouvoir fait 09 observations avant de boycotter la rencontre des évêques avec les partis politiques, détails

L’investigateur 25/05/2022 à 16:00

Toujours dans la logique du boycott, Cnadide Azannaï président du parti Restaurer l’Espoir a décliné l’invitation des évêques qui ont sollicité les partis politiques légalement reconnus pour discuter des législatives de janvier prochain, le vendredi 20 mai dernier. Une attitude qui dénote de sa logique de combattre le régime en place puisqu’il estime que la démocratie est sous éteignoir. En effet, quant à l’invitation des évêques qu’il a boycottée, il en apporte des preuves et donne sa motivation.

PARTI « RESTAURER L’ESPOIR » (RE)
01 BP 1796 COTONOU
C/ 2066 MENONTIN

Le Président

À

Monsieur l’Abbé Nathanaël SOEDE
Aumônier National des Cadres et Personnalités Politiques

Réf : V/L N°ANCPP/124052022-146 du 12.05.2022
Objet : Notification de non-participation.

Monsieur l’Aumônier National ,

Par courrier sus - référencé, vous m’avez fait l’insigne considération de m’inviter à la cérémonie d’ouverture des Assises que vous organisez le 20 mai 2022, sous le thème :« Législatives 2023 au Bénin : Des élections libres, transparentes et apaisées, contribution de l’Eglise ».
Par la même occasion, vous m’avez proposé pour prendre part aux travaux proprement dits dans le panel : « Rôles et responsabilités des partis politiques et de la Société civile pour des élections législatives libres, transparentes et apaisées ».

Je voudrais vous remercier de votre attention à ma modeste personne et vous rappeler ce qui suit :

1. Dès la perception des graves signes qui auguraient de la crise et de l’impasse politiques mortifères en cours, la Conférence Épiscopale du Bénin s’est engagée au nom de toute l’Eglise dans une difficile, exaltante quoique responsable démarche.

2. Cette entremise de l’Episcopat du Bénin ne visait qu’à remettre dans le droit chemin les divers acteurs de la classe politique et de la Société civile dans le souci de la préservation de la paix, de la cohésion sociale et de la concorde nationale, en un mot de la préservation d’un climat de vivre ensemble compatible avec le Renouveau démocratique et la sauvegarde des acquis sociaux et politiques de la Conférence Nationale de février 1990 et surtout du respect de la vie qui est sacrée, de la bonne entente gages de la fraternité.

3. L’atmosphère était intimidante car rendue toxique par la volonté du pouvoir dit de la rupture frappé d’aveuglement et de surdité, symptomatiques de l’hubris. Cette maladie du pouvoir menaçait de compromettre coûte que coûte la paix.
Nous étions, en ce moment, témoins de la pertinence de votre engagement et du risque que faisait courir à toute la Nation béninoise l’irresponsable fuite en avant du Gouvernement et du Chef de l’État.

4. Nous avions en personne conduit au plus fort de nos inquiétudes politiques en ces moments très difficiles, certaines délégations des forces politiques de l’Opposition politique qui ont largement entretenu l’Eglise sur le grief de notre Peuple contre le Président Patrice TALON et contre l’ensemble de son système politique fantoche et pervers dit de la rupture.

5. Depuis l’invasion de notre modèle démocratique par une panoplie de lois abjectes, inopérantes des suites d’une inflation législative destructrice des piliers de l’État de droit, le Bénin vit un dévoiement de l’éthique, de la déontologie et des principes de l’inscription dans l’agenda public des réformes de l’État et subséquemment des lois et actes réglementaires devant générer ces réformes sans entraver la cohésion sociale, la concorde nationale, la paix.

6. Le recours à la force et à l’utilisation des armes à feu ne doit en aucun cas être l’argument exclusif de l’imposition de réformes inopportunes, incongrues, inopérantes et criminelles.
En matière de réformes politiques publiques, tout avantage des gagnants ( les soutiens ) devrait être légitime et aucune privation des perdants ( les opposants ) ne doit l’être au détriment des valeurs et des principes universels de la Démocratie et de l’Etat de droit.

7. Sur la doctrine des réformes de l’État, il est enseigné, nous le savons tous, que les lois et les réformes doivent s’inscrire dans des normes et principes universels.
En amont de leurs initiatives, il doit être impérativement tenu compte de l’observation des critères (sociologiques et culturels) de leurs opérationnalités aux fins de les soustraire des risques de leurs rejets par les cibles concernées et d’éviter de rendre gravement conflictuel leurs mises en œuvre. Leurs buts ne doivent sous aucun prétexte être exclusifs, sélectifs, orientés de manière oppressive à travers la confiscation du pouvoir et l’exercice du pouvoir personnel. Malheureusement, c’est à ce théâtre mortifère que la République du Bénin est livrée sous le pouvoir dit de la rupture.

8. En somme, nul n’ignore aujourd’hui que ce pouvoir dit de la rupture est tueur et carentiel du point de vue de la démocratie et de l’État de droit, sans compétence aucune pour viser à l’amélioration des conditions des populations béninoises dans la paix et la cohésion nationales.

9. Il est manifeste qu’en l’état, les partis politiques sérieux et la Société civile non corrompue et non encore pervertie n’ont aucun rôle à jouer dans la tenue de quelque élection politique nationale en République du Bénin.

Monsieur l’Aumônier National,

Nous avions développé les raisons d’un tel déplorable constat à l’occasion de notre réponse à une grossière supercherie politique du pouvoir dit de la rupture initiée récemment par le truchement du Médiateur de la République qui avait invité les partis politiques aux fins de « Recueillir les contributions, suggestions et doléances des partis politiques sur les dispositions à prendre pour des élections apaisées en janvier 2023 ».
Nous vous transmettons en annexe une copie des documents que nous avons adressés au Médiateur de la République.

Fort de tout ce qui précède nous vous adressons nos sincères félicitations pour vos efforts et vous assurons que nous avons une haute conscience de l’entremise que ne cesse d’offrir l’Église aux fins d’une approche pacifique, concertée et consensuelle face à la crise et à l’impasse politiques manigancées de toute pièce par le pouvoir dit de la rupture.

Malgré la déconsidération absurde que lui fait subir le pouvoir dit de la rupture, nous prenons acte de la persévérance de l’Église à travers les Assises que vous envisagez.
Cependant, l’Église devra affronter de face la vérité qui nous met devant l’évidence d’un pouvoir radicalisé qui a appris à ridiculiser la raison sous le prétexte qu’il sait humilier, terroriser, persécuter, exproprier, emprisonner, exiler et tuer.
C’est à ce pouvoir et à lui seul qu’incombe de dire son rôle et sa responsabilité dans le dénouement pacifique de la crise et de l’impasse politiques en cours.

Patrice TALON sait ce qu’il doit faire. Il le fait ou à défaut, le Peuple l’y contraindra le moment venu.

Le problème n’est pas dans la tenue d’une quelconque élection car les élections dites législatives projetées pour 2023, n’apporteront aucune solution aux dégâts commis à la démocratie et à l’État droit en République du Bénin par le pouvoir dictatorial dit de la rupture sur instigation de Monsieur Patrice TALON.
Et comme s’en désole un adage populaire, il est déconseillé de taper les feuilles sèches alors que le serpent est à découvert, à portée de coups.

Monsieur l’Aumônier National,

Je voudrais vous dire qu’en toute sincérité, tirant la certitude de ma forte conviction et de ma modeste expérience politique pratique, il est plutôt juste et bon de vous notifier que je n’ai pas la moindre volonté de prendre part aux Assises du 20 mai 2022.
Je ne prendrai donc part ni à la cérémonie d’ouverture ni aux travaux du panel : « Rôles et responsabilités des partis politiques et de la Société civile pour des élections législatives libres, transparentes et apaisées ».

Tout dans la vie doit être une affaire de conviction intime.

Je vous réitère ma sincère considération en vous priant très fraternellement de transmettre à la Conférence Épiscopale des Évêques de l’Église Catholique du Bénin, mes sentiments de profonds respects et l’expression de ma très cordiale estime.

Cotonou, le 17 mai 2022

Candide A M AZANNAÏ

Pièces en annexe :
1. Réponse à la lettre du Médiateur de la République ;
2. Rapport sur Lettre No 054/MR/DC/SG/CM-P/S du 02 avril 2022 du Médiateur de la République reçue le 12 avril 2022 au siège du Parti ;
3. Mémorandum de la Résistance Nationale au sujet de la situation politique nationale actuelle à l’attention de Son Excellence Monsieur Mohammed Ibn CHAMBAS, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique de l’Ouest. Référence : 039/JK/AFD/CR/COORD.SNU-2021 COTONOU, 03 février 2021.




 
 

 
 
 

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