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Bénin : la Cour constitutionnelle tranche deux recours contre la police républicaine dans une affaire de vindicte populaire

Rollis HOUESSOU 4/06/2022 à 23:34

Dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 octobre 2021, l’étudiant Eloi Dogo a été confondu à un malfrat et tué par les populations du quartier Gbira, dans le 3ème arrondissement de Parakou. Visiblement classée, cette affaire a refait surface avec deux recours adressés à la Cour constitutionnelle par trois citoyens qui réclament Justice.

Rebondissement dans l’affaire de meurtre de l’étudiant Eloi Dogo. Dans deux recours différents, les requérants Miguele Houéto, Landry Adélakoun et Romaric Zinsou demandent à la Cour constitutionnelle de dire et juger que la police Républicaine de Parakou a violé la Constitution et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Ils en veulent pour preuve, les vidéos et images qui ont circulé sur les réseaux sociaux au moment des faits. Dans ces vidéos, ils disent avoir vu les forces de l’ordre à quelques mètres du lieu de la vindicte populaire sans qu’elles n’aient pu rien faire.

Donc, ce comportement de la police est en violation de l’article 8 de la constitution du 11 décembre 1990 qui consacre « la sacralité et l’inviolabilité de la personne humaine ». Ils justifient leur position en ajoutant dans leur recours que l’article 35 de la même Constitution « dispose en d’autres termes que tout agent de l’État doit agir avec probité dans le respect du bien public et de l’intérêt général et qu’en agissant tel qu’ils l’ont fait, les autorités policières de la ville ont choisi transgresser cette disposition ». Toujours dans les recours de ces citoyens, la Cour constitutionnelle est invitée à condamner le Chef du quartier Gbira qui n’avait rien fait pour empêcher ses populations à ne pas tuer l’innocent Eloi Dogo alors même que la victime lui a été présentée à son domicile, rapporte Banouto.

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À la faveur de sa décision DCC 22-159 du 18 avril 2022, la haute juridiction a jugé l’acte de vindicte populaire contraire à la Constitution et condamne et le CQ et les populations. Car indique-t-elle, l’article 35 de la constitution, stipule que « les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun« .

Toutefois les sept sages de la Cour constitutionnelle ont estimé que la police Républicaine n’a pas violé la Constitution puisqu’elle n’a pas failli à sa mission de « gardien du maintien de l’ordre et de sécurité des personnes et des biens ».

Rappellons que Eloi Dogo a été confondu à un voleur par les populations de ce quartier qui l’ont brûlé vif sans lui donner aucune chance de s’exprimer. L’acte était intervenu quelques heures après un braquage perpétré par deux individus qui ont tenté d’arracher un véhicule à un citoyen. Après sa mort, la police a arrêté quelques personnes suspectées.




 
 

 
 
 

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