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La Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI) enregistre un nouveau départ. Après le retrait du COJEP de Charles Blé Goudé, le Mouvement des générations capables (MGC), dirigé par l’ancienne Première dame Simone Ehivet, a officiellement annoncé son retrait de cette alliance de partis d’opposition lancée en mars 2025.

L’annonce a été faite à travers un courrier daté du 6 janvier 2026, adressé à Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et coordonnateur de la Conférence des présidents de la CAP-CI. Dans cette lettre, la présidente du MGC justifie la décision de son parti par des « choix stratégiques fortement discutables », jugés incompatibles avec les valeurs et la ligne politique du Mouvement des générations capables.

Jusqu’à son retrait, Simone Ehivet occupait le poste de porte-parole de la CAP-CI. La coalition, qui rassemblait une vingtaine de partis d’opposition à sa création, s’était donné pour objectifs clés l’obtention de réformes électorales et l’ouverture d’un dialogue politique avec le gouvernement. Des revendications qui, selon plusieurs responsables de l’opposition, sont restées sans suite.

Ce retrait intervient dans un contexte de résultats électoraux décevants pour le MGC. À l’issue des dernières élections législatives, le parti n’a obtenu aucun siège, une situation que Simone Ehivet attribue à un « système électoral opaque, déséquilibré et non consensuel ».

Pour certains observateurs, ce départ n’est pas une surprise. Contactée par RFI, la présidente de l’Union républicaine pour la démocratie estime que les divergences internes se sont accentuées, notamment autour de la candidature de Simone Ehivet à la présidentielle, au détriment d’autres figures de l’opposition. Daniel Bony Claverie, vice-président de la CAP-CI, évoque pour sa part une opposition « émiettée », dont le parti au pouvoir tirerait avantage. Le PDCI, pilier de la coalition, n’a pas souhaité réagir officiellement à l’annonce du retrait du MGC.

Pour le politologue César Flan Moquet, directeur du Centre de recherche politique d’Abidjan, les départs successifs du MGC et du COJEP traduisent un affaiblissement progressif de la CAP-CI. Selon lui, les victoires du RHDP en 2025, conjuguées aux désaccords internes sur la stratégie, notamment l’appel controversé à manifester contre un quatrième mandat, mettent en lumière les difficultés de l’opposition ivoirienne à maintenir une dynamique unitaire face au pouvoir en place.

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L’investigateur

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