Bénin/actualité

Azannaï parle de la rencontre manquée entre Yayi et Talon

L’investigateur 27/11/2019 à 18:46

En réponse à une citoyenne au sujet de son silence à propos du retour busque de Boni Yayi le mercredi 20 nombre au pays, l’ancien ministre Candide Azannaï donne ici la version des faits. Pour lui, il n’est pas question de personnaliser ou d’instrumentaliser le combat des forces de la Résistance Nationale.

Lire tout son raisonnement
Candide Azannaï
Mr/ Mme Pascalo Sênonkin, je viens à votre question. Vous me demandiez pourquoi je n’étais pas dans les rues et devant le domicile de Boni YAYI alors qu’il était sensé être au Bénin pour rencontrer à la Présidence de la République Monsieur Patrice TALON. Vous me demandiez pourquoi l’Honorable Guy Dossou MITOKPÈ y était et moi je n’y étais pas ?
Au principal, sachez que je ne l’ai pas fait parce que ce n’est pas mon rôle. Retenez également que ce n’est pas le rôle du Parti « RESTAURER L’ESPOIR » (RE). Et ni moi ni « RESTAURER L’ESPOIR » (RE), nous n’avions pris aucun engagement à ce propos avec personne.
Je pouvais arrêter là ma réponse à votre question, Seulement sans certains détails, nous aimons nous laisser distraire par toutes sortes de conjectures polysémiques. Je sais que le diable est dans le détail ; je veillerai à ne pas franchir certaines limites.
Reprenons :
 Allez accueillir, recevoir, ou faire des activités politiques populaires avec Boni YAYI ne figurait pas dans mon agenda au titre de ce mois de novembre 2019.
 Personne ne m’a informé du programme et des activités que Boni YAYI allait mener, donc je ne me sens en aucune manière en être concerné.
 Je n’ai pas à me justifier sur les activités qui ne sont pas celles de la Résistance Nationale. Les activités que vous avez évoquées ne sont pas celles de la Résistance Nationale.
Cependant pour vous, quelques petits détails :
 C’est le mardi 19 novembre 2019 que j’ai lu vers 18 heures sur les réseaux sociaux qu’à la demande de Boni YAYI, Patrice TALON et Boni YAYI allait se rencontrer à la Présidence de la République. Et puis après, une avalanche de communications portait dans tous les sens des nuances.
 J’ai demandé à mon équipe de suivi des activités politiques via les réseaux sociaux une vérification de la fiabilité des annonces à ce propos.
 Il ressort que ce n’était pas un " fake news ".
 À partir de cet instant, j’ai ordonné renseignements plus affinés sur une telle entente entre Boni YAYI et Patrice TALON. Les sources sont sans confusion : plusieurs détails confirment un tel agenda entre ces deux hommes.
 A 19 heures, les analystes de mon UDW( unité de documentation sur le web ) sont formels : les deux à savoir YAYI et TALON ont rendez-vous le 20 novembre 2019 à 17 heures au Palais de la Présidence à COTONOU. Contrairement aux brouillages, la rencontre avec la délégation de la CEDEAO au Palais se déroulerait en plusieurs phases dont un tête à tête entre YAYI et TALON puis une photo de ces deux personnes encadrées par l’éminente délégation. Tout çà dans un montage propagandiste.
 Un pur scandale selon moi, une trahison indigeste. Je suis contre toute instrumentalisation à des fins privées, personnelles et particulières de la cause et des objectifs de la Résistance Nationale. A cette étape, je dois prendre une décision conséquente. De manière générale lorsqu’on est en face d’un tel mode opératoire, il faut sans état d’âme procéder à l’élargissement le plus étendu de l’éventail sur cette rencontre manifestation obscure entre Boni YAYI et Patrice TALON.
Quelle décision prendre ?
 J’ai décidé de voir faire dans la mesure où, il ne s’agissait pas et il ne s’agit pas d’un programme entre la Résistance Nationale et le pouvoir despotique et meurtrier dit de la rupture.
 J’ai par conséquent décidé de ne donner aucune caution à aucun troc de l’objet de la Résistance Nationale par le règlement des conflits personnels entre YAYI et TALON.
Je dois dire que j’ai eu plusieurs entretiens téléphoniques avec le Président Nicéphore D. SOGLO dans la journée du 19 novembre 2019 et jusqu’à 19 heures environs aucun n’a porté sur une telle rencontre entre Boni YAYI et Patrice TALON. Une chose est sûre le Président Nicéphore D. SOGLO n’en savait pas plus que moi à cette heure.
Vers 20 heures, je reçois un coup de fil du Président Nicéphore D. SOGLO qui m’informe que Boni YAYI venait de lui dire qu’il serait le 20 novembre 2019 à COTONOU avec une délégation de la CEDEAO qui sera reçu par Patrice TALON. J’ai dit au Président Nicéphore D. SOGLO sur le vif qu’il circule abondamment déjà sur les réseaux sociaux que YAYI rendra visite à TALON à la Présidence le 20 novembre à 17 heures, que ce sera devant une délégation de la CEDEAO. Le Président SOGLO marqua un étonnement. J’étais également surpris.
C’est à cette occasion que le Président Nicéphore D. SOGLO m’a également informé que la délégation de la CEDEAO aura une séance de travail avec les forces politiques de la Résistance Nationale dans le cadre de la recherche de solutions apaisées à la crise politique meurtrière et au coup d’Etat institutionnel en cours. Je ne pourrai pas vous dire plus, vous devez savoir qu’il n’est pas bon de tout dire.
D’un autre côté, un de ceux qui se sont révélés les plus au cœur de ce programme entre YAYI et TALON, avait sollicité la nuit du 18 novembre 2019, une audience auprès de moi. J’avais demandé cette personne de fixer l’heure qui l’arrangeait. Il fixa le 19 novembre 2019 à 12 heures. A l’heure, il ne s’est pas présenté. Il reporte la rencontre par un message et me propose de me téléphoner dès qu’il se mettra en route vers moi. J’ai acquiescé. Entre 15h 30 mn et 16 heures le 19 novembre 2019, il s’est fait annoncer. Je le reçois aussitôt.
Chose curieuse, nous avons évoqué plusieurs sujets à son initiative mais jamais il n’a évoqué l’éventualité d’un quelconque agenda entre YAYI et TALON. Un peu avant 17 heures, cette personne repartit de mon bureau.
Le 20 novembre 2019, m’a permis de mieux lire l’intérêt de l’audience que cet homme avait exploitée auprès de moi.
J’ai veillé à la mise en œuvre de tout ce que j’ai retenu avec le Président Nicéphore D. SOGLO dans le cadre de la rencontre délégation CEDEAO et Résistance Nationale ; c’était ma seule obligation vis à vis de la Résistance Nationale.
Ce qui nous a paru bizarre est le caractère exagérément cavalier de cet agenda et le flou qui le rend illisible au milieu d’interprétations plus confuses les unes que les autres. Nous avons même déploré que l’heure de la rencontre de la délégation de la CEDEAO avec la Résistance Nationale ne fût pas connue.
Le 20 novembre 2019, je m’étais rendu vers 12 heures /13 heures chez le Président Nicéphore D. SOFLO pour lui rendre compte avec certaines personnalités de la Résistance Nationale de certaines tâches et pour recevoir ses instructions dans le cadre de la rencontre avec la délégation de la CEDEAO. C’est là que j’ai été informé de l’imminence de l’arrivée de la délégation de la CEDEAO. Là également, ceux qui étaient les plus impliqués dans le programme particulier de Boni YAYI nous informaient de ci et de çà. Et j’appris que Boni YAYI passerait juste saluer le Président SOGLO et repartirait pour sa rencontre prévue en compagnie de la délégation de la CEDEAO avec TALON.
Nous avons la confirmation que la rencontre avec le Président TALON est à 17 heures ; que la Résistance Nationale devra recevoir chez le Président Nicéphore D. SOGLO, la délégation de la CEDEAO juste après cette étape de la Présidence.
Pour moi, tout est flou. Et chaque fois que quelque chose n’est pas claire, je ne m’y associe pas.
Mon attitude découle de tout ce qui précède :
 J’ai dit au Président Nicéphore D.SOGLO et devant tous ceux qui étaient là, que je ne trouve aucun intérêt à attendre chez lui pour que Boni YAYI lui rende visite aux seules fins de le saluer.
 Par contre, je me rendrai disponible pour être à la séance de travail avec la délégation de la CEDEAO.
Voilà.
Alors nous allons conclure :
MES RAISONS :
 La Résistance Nationale ne peut pas être mise devant le fait accompli par des agendas particuliers, personnels et privés de qui que ce soit.
 Toute situation apparemment floue en politique qui traîne des bouquets de confusions cache une instrumentalisation le plus souvent sournoisement orchestrée à coup sûr et inévitablement préjudiciable à l’efficacité de l’ensemble du groupe qui la tolère.
Je n’ai pas jugé bon de tomber dans le piège d’une instrumentalisation selon mon principe de vie : « S’éloigner de tout ce qui est flou et confus ».
Et puis je ne trouve aucune raison d’aller marcher à côté de Boni YAYI dans une si totale confusion dans la mesure où, Boni YAYI n’est pas l’objet de la Résistance Nationale.
En ce qui concerne la présence de l’Honorable Guy D. MITOKPÈ, j’ai vu des images et des vidéos qui l’ont montré. Vous voudrez bien lui poser à propos les questions que ces images vous inspirent. Il vous répondra s’il le jugeait opportun de vous répondre.
Si c’est mon avis que vous voulez, il y a une parfaite liberté d’esprit dans le Parti « RESTAURER L’ESPOIR » ( RE ).
L’Honorable MITOKPÈ n’accomplissait aucun devoirs pour le Parti "RE" en s’affichant tel que vous relatez tout comme il ne transgressait aucune directive du Parti ; d’ailleurs le Parti n’avait émis aucune directive sur cette question même si ma position y relative ne souffrait d’aucune ombre : « Éviter toute instrumentalisation et tout troc de la Résistance Nationale par des arrangements de distributions de cartes sous la table ». L’Honorable MITOKPÈ est libre de ses actes.
La Résistance Nationale n’est pas réductible à la résurgence des conflits d’affaires YAYI/TALON. La Résistance Nationale n’a pas pour objet Boni YAYI.
Ma présence est aux côtés du Peuple pas ailleurs.
Je vous remercie.




 
 

 
 
 

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